Etape 21 – Les crêmes Nividiskin, concentrés de nature sauvage

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Pour terminer en beauté notre Tour de France du Made in France, nous avons choisi de nous rendre dans un endroit que nous aimons particulièrement: Ouessant. Ouessant, sur une carte de France, c’est cette île en forme de pince de crabe baignée par la mer d’Iroise, tout à l’Ouest du Finistère. Un petit bout de terre situé à plus d’une heure de bateau du continent. Un peu plus de 700 personnes y vivent à l’année et forment une petite communauté soudée face à l’isolement, aux vents qui fouettent les sangs et aux tempêtes.

De la lande à perte de vue, des maisons blanches à volets bleus et des petits moutons noirs : voilà pour la carte postale. Comme beaucoup d’îles, l’activité touristique y est importante, surtout l’été, mais reste ici en proportion raisonnable. En plus des traditionnelles crêperies et des boutiques de souvenirs, Ouessant possède aussi un petit laboratoire de chimie appartenant au groupe breton Algues & Mer. Une pépite biotechnologique au bout du monde! Cette entreprise s’est spécialisée dans la transformation d’algues pour la cosmétique, la nutrition, l’agronomie et la santé. 15 tonnes d’algues vertes, brunes et rouges sont transformées chaque année. Deux tiers de sa production part dans le monde entier et sont utilisés pour des grandes marques de beauté. Avec les un tiers restant, elle fabrique ses propres produits cosmétiques commercialisés sous la marque Nividiskin, du nom de l’un des phares de l’île, le Nividic et de skin, la peau en anglais.

L’exploitation des algues à Ouessant et dans les îles alentours  (notamment sa petite voisine Molène) ne date pas d’hier. Sur un territoire qui ne possède pas d’arbres, l’algue était une ressource naturelle vitale pour survivre. Les anciens l’ utilisait pour fertiliser leurs champs, et ceux du continent, comme nourriture animale, combustible, isolant et en cuisine. Aujourd’hui, l’île continue d’exploiter cette richesse marine grâce à Algues & Mer. L’île offre un environnement extrêmement favorable à la profusion d’algues: des courants marins forts, une température de l’eau constante et un site naturel protégé des industries polluantes et de l’agriculture intensive. L’Europe a classé la zone Ouessant­-Molène Natura 2000 et l’Unesco réserve de biosphère.

Basé un peu à l’écart du bourg de Lampaul, la ville principale de l’île, le laboratoire Algues & Mer extrait le principe actif des algues ouessantines. En clair, il isole la molécule possédant un effet thérapeutique et qui sera intégrée aux produits cosmétiques. La plus connue d’entre elles est l’Ascophyllum nodosum  ou Goémon noir. Elle est récoltée à marée basse sur les rochers de la côte. Elle est anti­âge, antioxydante (elle limite le dessèchement et renforce la souplesse de la peau), anti­inflammatoire et cicatrisante. L’air de rien, cette algue aux lanières vert olive constellées de flotteurs est un cocktail bourré de vitamines !

L’Asparagopsis armata ou Harpons de Neptune, une algue rouge d’apparence cotonneuse, est cultivée dans la baie de Lampaul. Elle est récoltée entre février et avril grâce au bateau goémonier de l’entreprise. Algues & Mer est la seule entreprise au monde qui pratique cette culture par bouturage, une technique brevetée. L’Asparagopsis armata permet en autre de lutter contre l’acné, l’infection des peaux grasse et les pellicules. Algues & Mer envoie la poudre de principes actifs à Rennes. Là­-bas, un laboratoire fabrique les shampoings, les laits pour le corps, les crèmes pour le visage et les démaquillants de la marque Nividiskin. Le «baume tempête» notamment, cartonne!

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Lydia Rolland, responsable de la production, de la qualité, et de la R&D au laboratoire Algues & Mer de Ouessant

Algues & Mer surfe sur l’image nature de Ouessant. Mais ce n’est pas du flan (au ptit goemon). L’entreprise fait vivre 5 salariés à temps plein « sur le caillou » comme disent les Ouessantins. Elle s’est aussi engagée à être au maximum écolo. Les algues sont toutes certifiées «bio». Chaque zone marine récoltée est laissée en jachère pendant quelques années jusqu’à repousse complète. L’extraction du principe actif est garantie sans solvant.

Nous terminons ce Tour de France du made in France ici, la tête dans les embruns de l’océan qui nous encercle. Nividiskin et son petit labo de pointe au bout du monde sont le symbole de ce que nous aimons en terme d’entreprenariat et avons encouragé durant ce périple: une boîte innovante, respectueuse de l’écosystème, ouverte à l’international et faisant vivre la population environnante. Une entreprise qui « fait société » comme disait l’un des nos chefs d’entreprises rencontré pendant le tour, Christophe Archer (étape 7 à Roman-s­ur-­Isère).

2 commentaires

  1. SmothNo Gravatar   •  

    Je sais bien que toutes les bonnes choses ont une fin mais vous allez me manquer. En tous cas, merci pour tous ces reportages, si divers et si intéressants.

    • tdf.mifNo Gravatar   •     Auteur

      Merci Smoth de ton assiduité ! Prochaine étape : le livre. Un bel objet qui résume nos découvertes et mettent en valeur nos conclusions. On pense aussi à une exposition, avec des photos, du son, des objets. Mais il va falloir se remettre en quête de sous ! Voilààà. Nous on est pas fâchés d’être rentrés mais on a surtout très envie de repartir… au vert. On espère en tout cas avoir apporté quelques pistes de réflexions, et permis aux gens de se faire une idée de ce made in France qu’on met à toutes les sauces. le mif, c’est innovant, humain, audacieux pas vieillot !

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