Etape 10 – Une moto haute-couture

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Une moto haute-couture

“Mettez dans un shaker une moto “café racer” et une voiture “AC cobra”. Mélangez tout ça et vous obtiendrez une Avinton.” Voilà la recette de la moto Avinton créée par Cédric Klein, le patron de l’entreprise Avinton Motorcycles, implantée dans le Gard, à Sommières. L’Avinton est une moto française haute-couture conjuguant élégance, technicité, innovation et grandes possibilités de personnalisation.

Plus qu’une moto, Cédric Klein a voulu en faire une “compagne de route, capable de durer toute une vie”. Cette moto est conçue pour résister au temps. Garde-boue en carbone, bras oscillant en aluminium pressé à froid, sellerie cuir de haute facture, jantes usinées dans la masse, les pièces composant l’Avinton sont dessinées spécifiquement pour cette moto et faites dans les meilleurs matériaux. L’équipe d’Avinton, composée de sept personnes, assure le service après-vente et dispense des formations pour réparer soi-même sa moto. A contre-courant du consumérisme ambiant.

Le look de l’Avinton lui aussi détonne. A la mythique voiture “AC Cobra”, elle doit la féminité de ses courbes hyper galbées et ses deux larges bandes colorées. Aux motos “café racer”, elle emprunte son côté rock n roll et tout-terrain. A cela, il faut ajouter les nombreuses innovations développées par l’équipe technique d’Avinton: Le réservoir d’essence est placé à l’arrière de la moto et non au-dessus du bloc moteur, l’admission d’air se trouve sur le dessus du véhicule et l’Avinton possède un bicylindre en V, comme sur les Harley.

L’ambition du dirigeant d’Avinton? Devenir rien de moins que “le Hermès de la moto”. Haute-couture oblige, on prend les mensurations de chaque client avant la confection, à la main, de son deux-roues. Hauteur de guidon, hauteur de selle et positionnement des repose-pieds s’adaptent à la morphologie du propriétaire. La couleur des pièces est aussi laissée au choix de son propriétaire. Bref, des motos sur-mesure. Et saviez-vous que, chez Avinton, les motos sont baptisées comme les bateaux ?

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La dernière moto française

L’entreprise Avinton a été créée en 2012 à Sommières. C’est le dépôt de bilan de l’entreprise de motos françaises Wakan qui a décidé Cédric Klein, ancien commercial dans l’industrie de quarante ans, à créer la moto de ses rêves en reprenant la marque. Pour cette aventure, il s’est entouré de passionnés, à commencer par Kevin Laigle, champion du monde de jet ski et mécanicien de moteurs hors pair. C’est lui qui assemble les motos à la main, pièce à pièce.

L’Avinton est la dernière moto française. Alors qu’on comptait plus de 80 fabricants dans les années 60, toutes les marques ont disparu des circuits avec la montée en puissance des motos japonaises. Mais depuis quelques années, la tendance s’inverse. Les motos européennes retrouvent leurs lettres de noblesse tandis que les motos asiatiques s’essoufflent. Le bon moment pour la naissance de cette moto made in France !

L’entreprise ne fabrique pas de pièces en interne mais travaille avec 70 entreprises sous-traitantes européennes. Si le moteur reste américain (Smith and Smith), 60% des composants sont hexagonaux comme les freins, la selle, les pièces en métal, la peinture, etc. Le tout est assemblé dans le discret hangar de Sommières, au milieu des vignes et des oliviers.

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Une tigresse de luxe qui ne laisse pas indifférent

De même qu’une pièce Dior n’est pas accessible à toutes les bourses, ces petits bijoux motorisés ont un prix. Il faut compter pas moins de 34 000 euros pour s’offrir un modèle catalogue, soit trois fois le prix d’une moto japonaise vendue dans le commerce. Mais la clientèle d’Avinton, des chefs d’entreprise aisés, peut s’offrir cette moto de créateur.

Malgré son prix élevé, il est indiscutable que cette moto est exceptionnelle. Quelques chiffres pour vous en convaincre : 1640 cm3 , 120 chevaux, un poids plume de 180 kg.

“Sur la route, c’est une bombe!  confirme Romain, le reporter fauché qui a pu la conduire! Je me sens privilégié d’avoir pu rouler sur une Avinton. Moi qui pensais être mal installé à cause de l’étroitesse de la selle et du côté compact de la moto, elle a une tenue de route remarquable et absorbe toutes les aspérités de la chaussée. Et ce freinage au bout des ongles… Aussi, j’ai éprouvé un certain plaisir à rouler sur une moto dont je connaissais l’assembleur. Cela tisse une relation plus fusionnelle avec la moto. Et puis… cette sensation de puissance et de liberté ! Comme il n’y a pas de carénage protégeant le corps, on se sent à nu et fragile. C’est comme si on volait.”